
Dans la forte chaleur d’un après-midi du mois de juillet, une ambulance est venue le chercher pour l’hôpital. Explorer les causes d’une grande fatigue et d’une douleur diffuse…Dans les jours qui suivent, nous apprenons par la famille que le process exploratoire a été mis en œuvre.
Mardi 7 juillet, 20 heures 09, neuf jours à peine après son hospitalisation, un sms parcourt le village « Marc est décédé il y a une heure ». Il était âgé de 79 ans.
La fin du parcours d’un enfant de Pietra, celui d’une génération du milieu du siècle dernier, en voie de disparition.
Marc sera l’un des derniers à être né à Pietra, à avoir appris le français à l’école du village, à avoir connu le dur temps d’une vie sans ressources, autres que celles que l’on pouvait produire dans une contrée montagneuse.
Une vie qui forge les caractères, qui donne la réussite, pour l’aisance bien sûr, mais aussi et peut-être surtout, pour ressentir la fierté de sa famille et de tout un village pour l’un des siens.
Marc fut l’un de ceux-là. Après le service militaire, il partit comme bien d’autres « au continent » avec son frère Louis chercher « fortune ». Antoine, l’ainé des garçons, d’une fratrie qui comptait quatre enfants avec Mady la sœur ainée, s’était engagé dans la marine pour une formation d’électromécanicien et put ainsi les aider dans la mesure de ses moyens.
Avec Louis, Marc connut alors les affres des hébergements à bon marché à plusieurs, des foyers de jeunes, des petits boulots pour survivre dans la capitale.
Le travail, la volonté, la persévérance, leur fit connaître « la réussite » au prix des plus grands sacrifices. Sans vacances, sans dimanche, sans loisirs, ils allaient « monter » leur entreprise, E.R.T.E (Etudes et réalisation de travaux électroniques) qui prit de l’ampleur au cours du temps, pour acquérir, dans le milieu de l’électronique, de la communication satellitaire, de l’industrie automobile, de la RATP et de biens d’autres secteurs encore, une solide notoriété, recrutant les meilleurs ingénieurs bardés des diplômes acquis dans les plus prestigieuses « grandes écoles », eux qui n’avaient que comme seul prestige, de se prévaloir d’être des enfants de Pietra.
Alors que tout allait pour le mieux, Sylvaine, la compagne de toujours de Marc, très gravement malade, lui fit connaître des années durant, les hôpitaux de la région parisienne, avant que la maladie finisse par l’emporter, le laissant avec sa fille Karine, qu’il aura élevé comme sa propre fille.
Marc rentrera alors à Pietra après une vie de combat. Il n’en montrera rien, il semblait ne pas trop aimer parler de son parcours et certainement pas se plaindre. Modestie dans le comportement, simplicité, générosité, bienveillance, en quelque sorte son bagage moral, secret de sa réussite professionnelle. Des vertus que leur mère Françoise, que nous appelions affectueusement Cecca, et leur père Mathieu, avaient inculquées à leurs enfants,
Une fratrie si unie, si solidaire, aujourd’hui brisée. Nous pensons à sa sœur ainée Mady, son frère Antoine, son frère cadet Louis, nous pleurons avec eux en ce jour de malheur.
Pas d’obsèques religieuse. Non par anticléricalisme, Marc avait toutes les vertus contenues dans les évangiles. Certainement par simplicité et par modestie, partir discrètement, ne pas déranger.
Monsieur Jean-Baptiste SANTELLI maire de Pietra di Verde, au nom de son conseil municipal et de l’ensemble de la communauté villageoise, adresse ses condoléances attristées à Karine, à sa sœur Mady, ses frères Antoine et Louis son épouse Danielle, ses cousines et cousins, ses nièces, neveux et petits neveux et tous ceux touchés par ce deuil.
