Des hommes et des femmes ont fait et continuent de faire Pietra di Verde. Au-delà de leurs opinions, de leur positionnement politique ou de leur réserve à les exprimer, ils font tous parti de notre grande famille. Dépassant les antagonismes, lorsqu’il en existe, ils ont tous un point commun, l’amour de leur village. Certains, par leur parcours professionnel, leur engagement, ou tout simplement par leur personnalité, ont marqué leur passage au sein de notre communauté. Ils peuvent être ou avoir été muletiers, instituteurs, commerçants, médecins, professeurs, artisans, ecclésiastiques, libres penseurs…Les évoquer c’est apprendre à se connaître, à connaître notre histoire, notre vie. Tel est l’objet des portraits publiés sur ce site, François Pitti Ferrandi, après ceux de Charles Santelli et Thomas Santelli. Suivra dans quelques temps, celui de Simon-Jean Vinciguerra. GP.          

Peu de monde peut se prévaloir aujourd’hui d’avoir connu ceux que l’on nomme familièrement les Ferrandi. Ils ont disparu du village depuis plus d’un demi siècle. Seuls des parents par alliance, les descendants de l’ancien maire Jean-François Nicolaï, y demeurent encore.

Dans la « Gazette Piétrolaise »*, Jean Massoni nous donne un aperçu de ce que fut cette famille dont le nom fut inscrit à de nombreuses reprises dans l’histoire de la Corse.

Dans la première moitié du 18e siècle, Luiggi Ferrandi s’illustra comme un vaillant chef de guerre, en combattant les génois qui occupaient l’île avec le soutien de leurs alliés corses.

A cette même époque, d’autres Ferrandi exerçaient des fonctions éminentes dans le clergé de la Corse, qui domina un temps la société insulaire.

Au 19e et 20e siècle, les Ferrandi se distinguèrent par l’exercice de l’art de la politique. Ils  donnèrent deux sénateurs à la Corse, François-Marie, qui devait décéder en 1894 juste après avoir été élu et François, qui fut le dernier représentant direct de cette famille à Pietra di Verde et qui décèdera en 1955.

« U dottore Ferrandi », comme on aimait à l’appeler familièrement est resté dans la mémoire des plus anciens. Après des études de médecine à Aix en Provence, il fut nommé  inspecteur départemental de l’hygiène.

L’homme politique a été contesté par certains, en particulier pour son adhésion au régime de Vichy au cours de la seconde guerre mondiale, dont il fut membre du Conseil national.

D’autres ne veulent retenir de lui que sa personnalité. Un homme d’une grande noblesse, au grand coeur, simple et bienveillant à l’égard de tous. 

Marié avec Yolande Levie-Ramolino, de la famille de Letizia Ramolino, la mère de Napoléon 1er, ils eurent quatre enfants, dont aucun n’embrassa la carrière politique.  

Ceux qui ont vécu dans les années 50, ont à l’esprit sa silhouette familière, conversant des heures entières dans les cafés du village, chez les Battesti et chez les Barghioni en particulier, où s’échangeaint les dernières nouvelles.

Il habitait au Mucchu, dans la maison aujourd’hui propriété d’Antoine Savignoni, recevant très peu, menant la vie villageoise d’un homme de son rang, sans plus. 

De la famille Ferrandi, il ne reste plus à Pietra qu’un cimetière situé au desus di u Carnaghiu, longtemps abandonné, qui vient d’être réhabilité par des mains bénévoles, les épitaphes sur les pierres tombales sont les derniers témoignages de ce que l’histoire retiendra, ils furent l’une des plus illustres familles de Pietra di Verde.

Cimetière des Ferrandi

   *http://www.lagazettepietrolaise.fr/La_gazette_pietrolaise/Pietra_dhier_et_de_jadis_(2).html        

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