Tout le monde à Pietra connait Pierre Vinciguerra, sa gentillesse, son esprit lucide et son grand pragmatisme. Mais personne ne sait que cet ancien titulaire de l’école d’officier de St Cyr Coëtquidan, qui par amour choisit de bifurquer vers l’enseignement, se bat depuis plusieurs années pour préserver une des pages parmi les plus importantes de notre patrimoine.

« A ciccona » cette mélodie si particulière émise par les cloches, une mélodie propre à Pietra que personne ne peut entendre sans en ressentir une profonde émotion.

« Sunate campane Corse. sunate a piu pudè !! » écrivait une internaute sur la page Facebook de « PDV u piu belle paese », la veille du 15 août. Comme chaque année, le vœu fut exaucé, les cloches de Pietra ont à nouveau retenti, comme un hymne dédié par notre clocher à notre village à chacune de ses fêtes.

Mais derrière les cloches il y a le sonneur. Tout le monde ne grimpe pas les échelles de bois du clocher de Pietra, un des plus hauts de Corse ! Un exercice périlleux qui demande pas mal d’adresse, une absence de vertige en présence du vide et une certaine condition physique, toutes exigences rendues encore plus difficiles par la fiente des pigeons qui depuis plusieurs années ont fait du clocher leur refuge et parfois même leur cimetière.

Et puis bien sûr au-delà de toutes ces contraintes, il y a le savoir- faire, la musique, le rythme à adopter, la résistance à la sonnerie infernale que l’on a, lorsque l’on est contre elles, au moment où elles retentissent au plus loin.

Condition physique, résistance et bien sûr art du sonneur que Pierre possède. Il est un des derniers à connaître le secret de cette tradition séculaire qu’il veut à son tour transmettre. Des jeunes gens commencent à s’y intéresser, peut-être la relève. Nous l’espérons, afin que l’on puisse continuer à dire :  » Sonu a tempu di tutte e campane di u campanile, sunà a ciccona pé a festa. »

En tout cas, Merci Pierre !

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