Vanina Borromei

 Présidente de l’office des transports

Depuis des temps immémoriaux et jusqu’au début du 20e siècle, date de création de la route départementale, les piétrolais qui se rendaient à la plaine empruntaient le chemin vicinal qui à partir du col d’Arcarota desservait Piubetta, Petricaggio, Novale, Pietra et Chiatra, jusqu’à Alistro.

Aucune règlementation n’existait vraiment pour ces chemins, l’entretien s’effectuant au gré des aléas rencontrés par ses utilisateurs.

C’est à la fin du 18e siècle et au début du 19e, qu’afin de répondre aux nombreuses revendications, mais aussi et peut-être surtout,   « pour permettre aux produits agricoles d’arriver jusqu’aux centres urbains et aux produits manufacturés d’entrer dans les campagnes »(1), que plusieurs lois allaient réglementer la voierie vicinale, afin de développer et d’améliorer le réseau secondaire.  

 En 1824 et 1836, deux lois permettront à la voierie vicinale de prendre un certain essor.  

Les chemins vicinaux furent classés. Les plus importants, qui traversaient plusieurs communes, comme le chemin « Alistro- Arcarota », fut d’abord « chemin d’intérêt commun », avant de devenir, à la fin du 19e siècle, compte tenu de l’importance qu’il avait acquis, « Chemin de grande communication (n° 17) »(2),

L’entretien, sera à la charge des communes traversées, auquel s’ajoutera plus tard le département et il sera prévu un financement assuré par la création d’un impôt spécifique de deux journées de travail par habitant, ou l’équivalent en argent(1).

Un « service des chemins vicinaux » fut créé avec à sa tête un « ingénieur en chef» placé sous l’autorité du préfet, qui adressera chaque année à ce dernier, un état des chemins vicinaux et les dépenses à engager pour leur entretien(1).

 C’est dans la logique de cette évolution qu’au début du 20e siècle fut construite l’actuelle route, prise en charge par le département, consistant pour l’essentiel, en s’appuyant sur l’existant, à recouvrir d’enrobé l’ancien chemin rural, sans accotements, avec un système d’évacuation des eaux de pluie des plus sommaires, composé de caniveaux et de fossés de terre, qui constituait un grand progrès par rapport à l’ancien chemin de terre, car elle permettait aux véhicules à moteur d’accéder aux villages.

Mais les pouvoirs publics devaient se contenter du strict nécessaire pour que cette route demeure carrossable. Elle fut de plus en plus dégradée par les intempéries, de moins en moins bien entretenue, au fur et à mesure que devait s’atténuer après-guerre l’activité économique des villages, jusqu’à devenir à peine praticable. Des projets de remise en état furent élaborés, sans que jamais aucune disposition ne fût concrétisée pour réaliser une route moderne et sécurisée.

La Collectivité territoriale, issue des élections de décembre 2015, dans sa composante majoritaire, a clairement manifesté sa volonté de préserver l’intérieur de l’île longtemps délaissé(3). Elle a fait du réseau routier l’un des axes essentiels de sa politique de revitalisation de l’intérieur, considérée comme « une cause sacrée et prioritaire »(4). GP.

(1) 9 -10 -2012 « Fonctionnaires et services publics. http://saintgeorgesdedidonnehier.blogs.sudouest.fr/archive/2012/08/19/1836-voirie-vicinale.html

 (2) Jean Massoni, Gazette Piétrolaise, sous la rubrique « Pietra d’hier et de jadis », article intitulé « Comment circulait-on à Pietra au début du 20e siècle ».

(3) Le schéma pluriannuel routier doit en effet établir un programme pour l’ensemble routier pour les dix années à venir et dans une interview donnée à Corse Net Infos, le président Acquaviva a de façon plus précise, parlé de « renforcer les réseaux, les rendre accessibles et utilisables » notamment pour « des vallées comme celle de Chiatra-Pietra di Verde – Canale di Verde. ».

(4)http://www.mairiepietradiverde.fr/index.php/jean-felix-acquaviva-et-petr-anto-tomasi-candidats-de-pe-a-corsica-a-la-deputation.html

  

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